Les marques chinoises sont passées en deux ans du statut de curiosité à celui de choix évident pour beaucoup de chauffeurs : une berline électrique bien équipée, achetée nettement moins cher qu’une européenne équivalente, sur un métier où le carburant est le deuxième poste de dépense. La question qui revient est toujours la même : est-ce que ça s’assure en professionnel ? La réponse est oui, et nous le faisons déjà. Restent trois points qui méritent d’être regardés avant de signer — et qui n’ont rien à voir avec le pays du constructeur.
Pour l’assureur, la marque compte moins que l’usage
Commençons par écarter l’idée reçue. Aucun contrat auto ne trie les véhicules par nationalité de constructeur. Ce qui détermine votre prime, ce sont la valeur du véhicule, sa puissance, son groupe de tarification, votre profil de conducteur, votre zone d’exploitation — et, très loin devant tout le reste dans notre métier, l’usage déclaré.
Un véhicule qui transporte des clients à titre onéreux relève d’un contrat professionnel, qu’il porte un logo allemand, japonais ou chinois. C’est ce point-là qui fait basculer un dossier, pas la provenance. Une BYD Seal conduite par un particulier et la même BYD Seal conduite par un chauffeur VTC n’appellent pas le même contrat ; deux berlines électriques de marques différentes conduites par le même chauffeur, si.
En pratique, nos compagnies partenaires acceptent aujourd’hui les principales marques chinoises distribuées en France en usage transport de personnes. Ce sont des véhicules que nous assurons déjà.
Le seul point qui change vraiment : par où le véhicule est entré
S’il y a une vérification à faire, elle est là — et elle se règle avant l’assurance, au moment de la carte grise.
Acheté en France ou dans l’UE : aucune démarche particulière
Les BYD, MG, Leapmotor et consorts vendues par leurs réseaux officiels en Europe disposent d’un certificat de conformité européen (COC) attestant d’une réception communautaire par type. L’immatriculation se fait comme pour n’importe quel véhicule neuf, et l’assurance suit. Un véhicule acheté dans un autre pays de l’Union et importé en France est dans le même cas, tant qu’il n’a pas été modifié.
Importé directement de Chine : réception à titre isolé obligatoire
C’est le cas rare, mais il existe, et il coûte cher à celui qui le découvre trop tard. Un véhicule en spécification chinoise, importé hors Union européenne, n’a pas de COC européen. Il faut alors passer par une réception à titre isolé auprès de la DREAL avant toute immatriculation. Sans carte grise française, pas de contrat d’assurance français — et donc pas d’exercice. Si on vous propose un véhicule à un prix sensiblement inférieur au marché, c’est la première question à poser.
Combien vaudra votre véhicule le jour du sinistre
C’est le point que nous voyons le plus mal anticipé, et il n’est pas propre aux marques chinoises : il est simplement plus marqué sur des modèles récemment arrivés.
En cas de vol ou de destruction, l’indemnisation d’un contrat classique se fait en valeur de remplacement, fixée à dire d’expert : ce que vaut le véhicule sur le marché de l’occasion au jour du sinistre, pas ce que vous l’avez payé. Sur un modèle diffusé en France depuis peu, la cote d’occasion repose sur un historique court et des volumes faibles. L’écart entre le prix d’achat et l’indemnité peut surprendre.
Un contexte qui creuse l’écart
Depuis le 30 octobre 2024, le règlement d’exécution (UE) 2024/2754 applique des droits compensateurs définitifs aux véhicules électriques à batterie importés de Chine : 17 % pour BYD, 18,8 % pour Geely, 35,3 % pour SAIC (maison mère de MG), qui s’ajoutent aux 10 % de droits d’importation ordinaires. Ces droits pèsent sur le prix du véhicule neuf, pas sur sa cote d’occasion. Autrement dit : le montant que vous engagez à l’achat et le montant que l’expert retiendra en cas de perte totale ne suivent pas la même courbe.
La parade est contractuelle et se demande à la souscription, pas après : une garantie valeur d’achat (ou valeur à neuf) qui vous indemnise sur la base du prix payé pendant les premiers mois, et une franchise dont vous connaissez le montant exact avant de signer. Sur un véhicule qui est votre outil de travail, c’est la ligne du contrat qu’il faut lire en premier.
La batterie vous appartient-elle ?
Sur la plupart des modèles chinois vendus en France, la batterie est intégrée au véhicule et vous appartient. Mais des formules de location existent, et elles changent la donne : un élément qui ne vous appartient pas ne se couvre pas de la même façon.
Vérifiez donc trois choses : à qui appartient la batterie, ce que prévoit le contrat de location en cas de sinistre, et ce que votre assurance couvre au titre de la batterie elle-même — c’est l’organe le plus coûteux du véhicule. Nous détaillons ce point sur notre page dédiée à l’assurance de la batterie d’une voiture électrique, et plus largement sur l’assurance auto électrique.
Pour un professionnel, le vrai coût n’est pas la réparation : c’est l’arrêt
Un particulier immobilisé une semaine est gêné. Un chauffeur immobilisé une semaine perd une semaine de recette, et ses charges continuent de courir.
Les réseaux des marques chinoises sont jeunes en France. Ils s’étoffent vite, mais le maillage d’ateliers et la disponibilité des pièces ne sont pas encore ceux d’un constructeur installé depuis quarante ans. Sur un métier où le véhicule roule beaucoup plus qu’une voiture personnelle, la question à poser n’est pas seulement « combien coûte la réparation » mais « combien de temps je reste à l’arrêt, et qui paie pendant ce temps ».
Les garanties à regarder de près sont donc celles qui traitent l’immobilisation : véhicule de remplacement adapté à l’activité — un véhicule de courtoisie qui n’a pas le droit de transporter des clients ne vous sert à rien —, assistance dès le premier kilomètre, et selon les contrats, une indemnité d’immobilisation. Ce sont elles qui font la différence de prix entre deux devis qui se ressemblent, et elles qui comptent vraiment.
L’usage professionnel doit être déclaré, quelle que soit la marque
Le rappel vaut pour tout le monde, mais il prend un relief particulier chez les chauffeurs qui achètent leur véhicule en direct, sans passer par un réseau habitué aux professionnels.
Le transport de personnes à titre onéreux impose une responsabilité civile professionnelle : l’article L. 3120-4 du code des transports oblige l’exploitant à être en mesure d’en justifier à tout moment. Et le justificatif d’assurance présenté lors d’un contrôle doit mentionner explicitement que le contrat couvre cette activité — c’est le III de l’article R. 211-14-0-1 du code des assurances, auquel renvoie l’article R. 3120-4 du code des transports. Ce document vous est délivré gratuitement par votre assureur.
Une voiture assurée en usage privé qui transporte des clients n’est pas simplement mal assurée : elle est en défaut au regard de l’obligation professionnelle, et l’assureur peut opposer la fausse déclaration sur le sinistre.
Combien coûte l’assurance d’une voiture chinoise en VTC ou en taxi
Il n’existe pas de tarif « marque chinoise ». Le point de départ est celui de nos gammes professionnelles : nos contrats VTC démarrent à partir de 1 450 € par an, en formule tous risques, pour un conducteur au bonus maximal avec un véhicule hybride compact en province ; un contrat taxi sur véhicule thermique courant démarre à partir de 1 140 € par an, dans les mêmes conditions.
Une berline électrique récente se situe au-dessus de ce point de départ : la valeur à assurer est plus élevée, et c’est cette valeur qui pilote la prime — exactement comme pour une Tesla, une Mercedes ou une BMW de gamme équivalente. Nous traitons ce cas sur nos pages assurance Tesla en VTC et assurance taxi Tesla Model 3.
Votre prime dépend de votre véhicule, de votre profil de conducteur et de votre ville d’exploitation. Le tarif définitif est communiqué sur devis.
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Orizon Assurance est courtier spécialiste du taxi et du VTC. Donnez-nous le modèle exact, sa date de première mise en circulation, votre statut, les plateformes sur lesquelles vous travaillez et votre relevé d’information : nous comparons les contrats de nos compagnies partenaires et nous montons le dossier avec vous.
Pour le cadre général de l’activité, consultez nos pages assurance VTC et assurance taxi.
